23-06-05
Vraag Ludwig Caluwé op 8 juni in Vlaams Parlement
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21-06-05
La Libre Belgique 21 juni 2005
Il y a le feu dans la maison Benelux
Martin Buxant
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Entre les Pays-Bas et la Belgique, les querelles d'argent sont récurrentes.
Mais il y a aussi, désormais, deux conceptions différentes du chemin que doit emprunter 'Europe.
EPA
Un beau derby. L'affrontement entre Belges et Néerlandais, avec en guise d'arbitre des Luxembourgeois dont la présidence européenne se termine, a atteint un paroxysme lors du récent sommet européen.
Prenez un chef de gouvernement néerlandais, Jan Peter Balkenende, qui entend voir la contribution de son pays au budget européen largement corrigée à la baisse, refusant les propositions luxembourgeoises pour 2007-2013. Ajoutez-y une méthode comptable, employée par les Pays-Bas pour calculer ce qu'ils versent à l'Europe, dénoncée par la Belgique. Saupoudrez d'une note diplomatique belge reprenant la même base de calcul et démontrant aux Néerlandais que, finalement, la Belgique paye plus que les Pays-Bas. Et versez par-dessus les déclarations d'un ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, comparant Balkenende à un « mélange entre Harry Potter et un petit bourgeois rigide »...
Benelux, trois syllabes que l'on prononce depuis plus de soixante ans déjà: dès 1944, une union monétaire et douanière entre les trois pays était mise en place. « Il y a des hauts et des bas, constate Karel Van de Velde, un fonctionnaire en poste à Bruxelles au siège du Benelux. Mais notre travail est largement indépendant du contexte politique. Les citations de Karel De Gucht n'affectent pas notre travail », tempère-t-il.
Le «Rhin d'acier»
Qu'y a-t-il sur la table de cette Union économique? Le «dossier sensible » du «Rhin d'acier» : cette ligne de fret ferroviaire entre la Belgique et l'Allemagne via les Pays-Bas est vitale pour le port d'Anvers (féroce concurrent du port de Rotterdam) et est bloquée « pour des problèmes écologiques par les Pays-Bas ». Il y a aussi l'approfondissement de l'Escaut ou la coopération policière renforcée entre les trois Etats. Mais « la vérité, c'est qu'il n'y a jamais vraiment eu de contenu politique derrière la structure du Benelux, on a entretenu des illusions, analyse Alfred Pijpers, chercheur au centre Clingendael des relations internationales à La Haye. Maintenant, la ligne de division passe au milieu du Benelux. Et si les Luxembourgeois votent oui (au référendum du 10 juillet sur le traité constitutionnel européen, NdlR), la fracture sera encore plus grande ».
«Ils paraissent étonnés»
Le nee des Pays-Bas au traité, le 1er juin, n'est que la suite logique d'un «grand tournant» amorcé beaucoup plus tôt. Peu avant le traité de Maastricht en 1991, quand, déposant une proposition « ultra pro-européenne » sur la table, la diplomatie néerlandaise s'est vue totalement isolée au cours d'une réunion entre ministres, la donne changea radicalement. L'affaire reste connue comme le «Lundi noir» des Néerlandais: « Un véritable traumatisme », commente Alfred Pijpers. Depuis, l'ardeur communautaire est en chute libre et - malgré un sursaut en 1995 à Amsterdam - les leaders libéraux comme Frits Bolkestein ou Gerrit Zalm ont encouragé le développement d'une rhétorique de comptable par rapport à l'Europe. « En jetant ces chiffres à leur opinion publique, les politiciens néerlandais se sont mis le dos au mur. A présent, ils paraissent étonnés que leur opinion publique ait acquiescé à leurs arguments lors du référendum », constate un observateur européen.
« Si Verhofstadt avait eu un référendum chez lui, il tiendrait un autre langage, observe un diplomate néerlandais en poste à Bruxelles. Nous restons pour l'Europe. Mais les Néerlandais pensent à leur identité. Désormais, c'est la réalité politique: le peuple néerlandais a dit nee.» « Pour les Néerlandais, Verhofstadt est l'incarnation de l'Europe qui veut toujours aller plus loin et plus vite dans la construction européenne, reprend Alfred Pijpers. Il est tellement éloigné de notre vision traditionnelle, qui est libre-échangiste et atlantiste.»
La Belgique, pourtant, devrait continuer à jouer la carte Benelux. Et essayer, comme ce fut le cas lors de la Convention, d'avancer des propositions communes avec le Luxembourg et les Pays-Bas. Car « il faut se rendre aussi à l'évidence, termine Alfred Pijpers, nos relations économiques sont tellement importantes qu'une bonne relation avec le Royaume-Uni ne remplacera jamais celle que les Pays-Bas ont avec la Belgique ».
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